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Simuler ses indemnités de prévoyance : méthode 2026
Prévoyance

Simuler les indemnités de prévoyance : méthode pas-à-pas et outils gratuits

Découvrez comment simuler vos indemnités de prévoyance : méthode de calcul pas-à-pas, outils gratuits par statut, cas pratique chiffré et pièges du cumul IJ

Antoine ChevalierAntoine Chevalier 21 min de lecture
Les Indemnités De Prévoyance Expliquée Simplement

Simuler ses indemnités de prévoyance consiste à croiser trois données : son revenu de référence (salaire brut ou net selon contrat), le taux de remplacement inscrit aux conditions générales, et le délai de franchise applicable. Il faut ensuite choisir un simulateur adapté à son statut : Boursorama pour une estimation du besoin global, AVF pour le maintien de salaire employeur, ou l'outil de son assureur (AG2R, MGEN) pour une projection contractuelle. Les simulateurs fournissent une estimation, non une garantie.

Pour simuler vos indemnités de prévoyance, il faut croiser trois données personnelles (votre revenu de référence, le taux de remplacement inscrit au contrat, le délai de franchise applicable) puis choisir l'outil correspondant à votre statut : salarié, indépendant ou fonctionnaire. Les simulateurs en ligne fournissent une estimation utile, mais aucun ne remplace la lecture des conditions générales de votre contrat. Ce guide détaille la méthode de calcul, recense les outils gratuits disponibles selon votre profil et expose le piège méconnu du double comptage entre maintien de salaire employeur et prévoyance complémentaire.

Comprendre comment calculer le montant de sa prévoyance est essentiel pour anticiper vos besoins.

Comparatif en un coup d'œil

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Outil / ServiceStatut couvertGaranties simuléesGratuitParticularité
Boursorama BanqueSalarié, TNSDécès, incapacité, invaliditéOuiEstimation du besoin financier global
Caisse d'ÉpargneSalarié, TNSDécès, invalidité, incapacité, maladie graveOuiSimulation grand public, toutes garanties
AVF (avf.fr)Salarié uniquementMaintien de salaire employeur (IJ complémentaires)OuiCalcule uniquement la part employeur, pas la prévoyance
MSA (espace privé)Salarié agricole, exploitantComplémentaire santé et prévoyanceOuiRéservé aux affiliés MSA
Assureurs (AG2R, MGEN, etc.)Variable selon caisseIncapacité, invalidité, décèsOuiSimulation couplée à un devis contractuel

Ce que couvre réellement une indemnité de prévoyance

Une indemnité de prévoyance est une somme versée par un organisme assureur (institution de prévoyance, mutuelle ou compagnie d'assurance) lorsqu'un assuré subit une perte de revenus liée à un aléa de santé. Elle intervient en complément des prestations de la Sécurité sociale, dont les montants sont souvent insuffisants pour maintenir le niveau de vie du foyer. En pratique, un salarié percevant des indemnités journalières (IJ) de la Sécurité sociale à hauteur de 50 % du salaire journalier de base, plafonnées à 54,38 € par jour en 2026, peut voir son reste à vivre chuter brutalement. La prévoyance comble cet écart.

Trois garanties structurent un contrat de prévoyance classique. La garantie incapacité temporaire de travail verse des indemnités journalières pendant l'arrêt maladie. La garantie invalidité prend le relais lorsque l'état de santé se stabilise avec une incapacité permanente partielle (IPP). La garantie décès protège les proches via un capital ou une rente. Ces trois étages ne se déclenchent ni dans les mêmes conditions ni pour les mêmes montants, ce qui rend la simulation d'autant plus nécessaire.

Contrairement à une idée répandue, la prévoyance ne se limite pas aux cadres. Les conventions collectives imposent souvent une couverture minimale à tous les salariés, et les travailleurs non-salariés (TNS) peuvent souscrire des contrats Madelin dédiés. Les indemnités perçues sont imposables dans la catégorie des traitements et salaires pour la part excédant les IJ de la Sécurité sociale, une donnée fiscale à intégrer dans toute projection de revenu net.

Pour mieux comprendre ce sujet, consultez notre guide sur la définition de la prévoyance santé.

Incapacité temporaire de travail : quelle indemnisation ?

L'incapacité temporaire de travail (ITT) correspond à l'impossibilité médicalement constatée d'exercer son activité professionnelle pendant une durée limitée. Le contrat de prévoyance verse alors une indemnité journalière complémentaire qui s'ajoute aux IJ de la Sécurité sociale. Le montant dépend du taux de remplacement choisi à la souscription, appliqué au revenu de référence.

Le déclenchement n'est pas immédiat. Un délai de franchise : paramètre clé du contrat : court à compter du premier jour d'arrêt. Passé ce délai, l'assureur verse l'indemnité jusqu'à la reprise du travail ou jusqu'à la consolidation de l'état de santé. La durée maximale d'indemnisation en ITT est généralement comprise entre 1 095 jours (3 ans) et 1 825 jours (5 ans) selon les contrats, au-delà de laquelle le dossier bascule en invalidité si l'état de santé le justifie.

Invalidité et IPP : deux niveaux de couverture à distinguer

L'invalidité est reconnue lorsque la capacité de travail ou de gain est réduite d'au moins deux tiers (classement en 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie par le médecin-conseil de la Sécurité sociale). La prévoyance verse alors non plus une indemnité journalière, mais une rente ou pension d'invalidité, calculée en pourcentage du revenu de référence.

À la différence de l'ITT, la couverture invalidité de la Sécurité sociale est elle-même stratifiée : la pension est de 30 % du salaire annuel moyen pour une invalidité de 1ʳᵉ catégorie (capacité résiduelle de travail) et de 50 % pour une 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie. Le contrat de prévoyance complète cette pension, souvent jusqu'à atteindre 70 % à 100 % du revenu net antérieur, selon le niveau de garantie souscrit. Cette architecture à deux étages : Sécu puis prévoyance : est précisément ce qu'un simulateur doit modéliser pour être utile.

La garantie décès : capital ou rente pour les proches

La garantie décès d'un contrat de prévoyance prévoit le versement d'un capital aux bénéficiaires désignés, ou d'une rente (viagère ou temporaire) au conjoint survivant et aux enfants à charge. Le capital peut être un montant forfaitaire fixe (par exemple 50 000 €) ou un multiple du revenu de référence (souvent 200 % à 400 % du salaire annuel brut).

Une option rente éducation complète fréquemment la garantie décès : elle assure le versement d'une somme régulière jusqu'à la fin des études des enfants. Ces montants sont déterminés au contrat et ne font pas l'objet d'un calcul proportionnel à un arrêt de travail. Leur simulation est donc plus simple, puisqu'elle repose sur des paramètres fixes renseignés dans les conditions générales, sans interaction avec les IJ de la Sécurité sociale.

Les critères qui déterminent le montant de votre simulation

Quatre paramètres pilotent le résultat d'une simulation de prévoyance, et leur interaction produit des écarts de plusieurs centaines d'euros par mois entre deux contrats d'apparence comparable. Les comprendre permet d'interpréter correctement le résultat d'un simulateur.

La première variable est le revenu de référence, qui constitue l'assiette sur laquelle le taux de remplacement est appliqué. Selon le contrat, il peut s'agir du salaire brut, du salaire net, du revenu net fiscal, ou d'un montant forfaitaire défini en euros. Cette hétérogénéité rend les comparaisons entre offres délicates : un taux de 80 % appliqué au brut ne produit pas le même résultat qu'un taux de 80 % appliqué au net.

La deuxième variable est le taux de remplacement, oscillant fréquemment entre 50 % et 100 % selon le contrat (source : optimagestion.fr, juin 2025). Plus il est élevé, plus la cotisation est lourde. La troisième est le délai de franchise : souvent 15 jours dans les contrats standards : qui décale le versement de l'indemnité. Enfin, la durée maximale d'indemnisation borne la garantie dans le temps : un contrat peut prévoir 365 jours seulement quand un autre couvre jusqu'à 1 825 jours.

Le revenu de référence : salarié et TNS, deux bases différentes

Pour un salarié, le revenu de référence est généralement le traitement brut ou net figurant sur le bulletin de paie, dans la limite d'un plafond exprimé en multiple du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS, soit 48 060 € en 2026). Un contrat peut par exemple garantir 80 % du salaire brut, plafonné à 4 PASS.

Pour un TNS (travailleur non salarié), le revenu de référence est le plus souvent le revenu professionnel net fiscal déclaré l'année précédente, ou une assiette forfaitaire définie au contrat Madelin. Cette différence de base a un impact direct : un indépendant au revenu variable peut voir son indemnité calculée sur un exercice fiscal décalé qui ne reflète pas sa situation au moment du sinistre. La vérification de cette clause dans les conditions générales est un préalable indispensable à toute simulation.

Taux de remplacement et franchise : les deux curseurs du contrat

Le taux de remplacement contractualisé est le pourcentage du revenu de référence que l'assureur s'engage à verser, IJ de la Sécurité sociale comprises. Cette précision est capitale : si le contrat affiche un taux de 70 % et que la Sécu verse déjà l'équivalent de 40 % du salaire net, la prévoyance complète à hauteur de 30 % seulement.

La franchise détermine le point de départ du versement. Une franchise de 15 jours signifie que l'assuré ne perçoit rien de sa prévoyance pendant les 15 premiers jours d'arrêt. Passé ce délai, l'indemnité est due rétroactivement ou non selon les contrats (franchise dite « relative » ou « absolue »). Une franchise absolue supprime purement l'indemnisation des jours de franchise ; une franchise relative déclenche un versement à partir du 16ᵉ jour, sans rattrapage des 15 premiers.

Durée maximale d'indemnisation selon la garantie

La durée maximale d'indemnisation varie selon la garantie et le contrat. En incapacité temporaire, elle s'étend de 365 jours pour les contrats d'entrée de gamme à 1 825 jours (5 ans) pour les couvertures renforcées. En invalidité, la rente est généralement servie jusqu'à la liquidation de la retraite, âge auquel la pension de vieillesse prend le relais.

Un point méconnu : certaines conventions collectives imposent une durée minimale de maintien de salaire par l'employeur, qui peut atteindre 90 jours à 100 % du brut pour les cadres (convention SYNTEC, par exemple). La prévoyance n'intervient alors qu'à l'issue de cette période. Le simulateur AVF permet de visualiser ce calendrier, mais ne modélise pas la part prévoyance au-delà du maintien légal.

Pour plus de détails, n'hésitez pas à consulter notre article sur la meilleure prévoyance maintien de salaire.

L'essentiel

  • L'indemnité de prévoyance complète les IJ de la Sécurité sociale, qui couvrent seulement 50 % du salaire journalier de base dans la limite de 54,38 € par jour en 2026.
  • Le taux de remplacement contractuel (50 % à 100 %) et le délai de franchise (souvent 15 jours) sont les deux curseurs qui déterminent le montant réellement perçu.
  • Le maintien de salaire légal versé par l'employeur (90 % puis 66,66 % du brut) peut annuler l'indemnité prévoyance via une clause de non-cumul.
  • Aucun simulateur ne produit de garantie contractuelle : seul le contrat signé engage l'assureur.
  • Les simulateurs gratuits (Boursorama, AVF, MSa, Caisse d'Épargne) couvrent des périmètres différents : choisissez celui qui correspond à votre statut.

Comment calculer ses indemnités de prévoyance : méthode étape par étape

Pour illustrer le mécanisme, prenons le cas concret d'un salarié non-cadre percevant un revenu mensuel net de 3 000 €, couvert par un contrat de prévoyance affichant un taux de remplacement de 70 % et une franchise de 15 jours (source des paramètres : optimagestion.fr, juin 2025).

La Sécurité sociale verse des IJ égales à 50 % du salaire journalier de base, soit environ 1 500 € nets par mois pour ce niveau de revenu (dans la limite du plafond de 54,38 €/jour). Le contrat de prévoyance garantit 70 % des 3 000 €, soit 2 100 € nets mensuels au total. La prévoyance verse donc la différence : 600 € nets par mois, au terme des 15 jours de franchise.

Ce calcul illustre un point fondamental : la prévoyance ne verse pas 70 % du salaire net en plus de la Sécu, mais complète les IJ jusqu'à atteindre 70 %. Avant de se fier au taux de remplacement affiché en vitrine, il faut vérifier si les IJ Sécu sont incluses ou non dans ce pourcentage. Les conditions générales du contrat le précisent : la clause s'intitule généralement « indemnité journalière complémentaire » ou « IJ globale garantie ».

Étape 1 : rassembler ses justificatifs de revenu

Avant d'ouvrir un simulateur, rassemblez trois documents. Le dernier bulletin de salaire (ou la déclaration de revenus pour un TNS) donne votre revenu de référence actuel. Les conditions générales et la notice d'information du contrat de prévoyance contiennent le taux de remplacement exact, le délai de franchise et les plafonds. Enfin, le relevé d'indemnités journalières de la Sécurité sociale (disponible sur le compte Ameli) permet de connaître le montant déjà servi en cas d'arrêt en cours.

Pour un arrêt de travail déjà débuté, la CPAM communique un décompte d'IJ mentionnant le salaire journalier de base retenu. Ce montant est la brique de base qui, multipliée par le nombre de jours indemnisables, donne le total Sécu à déduire de la garantie prévoyance. Sans ce décompte, la simulation reste théorique et potentiellement trompeuse.

Étape 2 : lire les conditions générales de son contrat

Les conditions générales du contrat comportent une section « Tableau des garanties » qui liste, pour chaque risque (incapacité, invalidité, décès), le taux de remplacement, l'assiette de calcul, la franchise et le plafond. C'est le seul document opposable à l'assureur.

Deux clauses méritent une attention particulière. La clause de non-cumul précise comment l'indemnité prévoyance s'articule avec les prestations de la Sécurité sociale, le maintien de salaire employeur, et d'éventuels autres contrats de prévoyance. La définition du revenu de référence indique s'il s'agit des 12 derniers mois, des 3 derniers mois, ou d'une année civile de référence. Sur ces deux points, les simulateurs en ligne appliquent des hypothèses simplifiées qui peuvent différer de votre contrat.

Étape 3 : appliquer la formule de calcul et vérifier le plafond

La formule de calcul est la suivante : Indemnité prévoyance = (Revenu de référence × Taux de remplacement) − IJ Sécurité sociale, dans la limite du plafond contractuel (souvent 100 % du salaire net ou un montant exprimé en euros).

Appliquée au cas pratique : (3 000 € × 70 %) − 1 500 € = 600 €. Si le plafond contractuel est de 100 % du net, ce versement est conforme. Si le plafond est inférieur, l'indemnité est réduite d'autant. Pour approfondir cette méthode et ses variantes (invalidité, maintien de salaire conventionnel), notre guide sur la méthode de calcul des indemnités de prévoyance détaille chaque cas de figure.

Pour des informations plus détaillées, vous pouvez consulter notre article sur le calcul des indemnités de prévoyance.

Quel simulateur de prévoyance utiliser selon votre statut ?

Tous les simulateurs de prévoyance ne couvrent pas le même périmètre. Certains modélisent uniquement le besoin financier global (quel capital décès serait nécessaire pour protéger ma famille ?), d'autres projettent les indemnités journalières en cas d'arrêt de travail, d'autres encore ne calculent que la part employeur du maintien de salaire. Choisir le mauvais outil conduit à une estimation partielle, voire erronée.

Le tableau ci-dessous recense les principaux simulateurs disponibles en 2026, classés par statut couvert et par type de garantie simulée. Aucun ne produit une garantie contractuelle : il s'agit d'estimations fondées sur des données déclaratives et des hypothèses standardisées.

Simulateurs pour salariés du secteur privé

Le simulateur Boursorama Banque (accessible gratuitement sur boursorama.com) est l'outil grand public le plus complet. Il couvre les trois garanties : décès, incapacité, invalidité : et prend en compte la composition du foyer, les revenus, l'épargne disponible et les charges pour estimer le besoin financier global. Il convient à une première approche, avant de consulter un contrat précis.

Le simulateur Caisse d'Épargne propose également une simulation pour les garanties décès, invalidité, incapacité et maladie grave, avec une interface pensée pour les particuliers non experts. Ces deux outils partagent une limite commune : ils produisent une estimation du besoin, pas une projection de l'indemnité contractuelle exacte. Pour un calcul spécifique au contrat souscrit, il faut se tourner vers le simulateur de son propre assureur (AG2R La Mondiale, MGEN, etc.).

N'hésitez pas à faire une simulation prévoyance pour avoir une idée plus précise de vos garanties.

Simulateurs prévoyance TNS et indépendants

Les travailleurs non-salariés disposent de simulateurs dédiés, car leur régime obligatoire (SSI, ex-RSI, ou caisse de retraite des libéraux) verse des IJ forfaitaires et non proportionnelles au revenu. Le site france-epargne.fr propose un simulateur TNS 2026 qui modélise l'écart entre les IJ légales et le revenu habituel, et suggère une franchise et un taux de remplacement adaptés.

Les contrats Madelin permettent de déduire fiscalement les cotisations de prévoyance dans la limite de 3,75 % du bénéfice imposable + 7 % du PASS. Le simulateur doit donc intégrer cette dimension fiscale pour donner une image complète du coût net. Les organismes comme la MSA pour les exploitants agricoles proposent des simulateurs accessibles depuis l'espace privé, réservés à leurs affiliés.

Outils en ligne des assureurs : ce qu'ils calculent vraiment

Les assureurs institutionnels (AG2R La Mondiale, MGEN, Malakoff Humanis, etc.) mettent à disposition de leurs adhérents des simulateurs qui puisent directement dans les paramètres contractuels. L'avantage est la précision : le taux de remplacement, la franchise et les plafonds sont ceux du contrat réel. Ces outils calculent le montant de l'indemnité journalière ou de la rente d'invalidité que l'assureur verserait en cas de sinistre.

Le simulateur prévoyance MGEN 2026 en est un exemple : il permet aux adhérents d'estimer leurs garanties incapacité, invalidité et décès. Attention toutefois : même ces simulateurs « contractuels » comportent des avertissements précisant que seul le contrat signé fait foi. Les exclusions de garantie, les délais de carence et les conditions d'ouverture des droits ne sont pas modélisés.

Un simulateur prévoyance MGEN 2026 peut vous aider à estimer précisément vos droits.

L'erreur courante : confondre maintien de salaire employeur et prévoyance complémentaire

Le piège le plus fréquent en simulation de prévoyance est de considérer que l'indemnité complémentaire s'ajoute intégralement au maintien de salaire versé par l'employeur. La réalité est inverse : les contrats de prévoyance contiennent presque tous une clause de non-cumul qui réduit l'indemnité due du montant déjà perçu au titre du maintien de salaire, voire de toute autre prestation de même nature.

En pratique, un salarié qui perçoit un maintien de salaire employeur couvrant 90 % de son brut peut voir son indemnité prévoyance ramenée à zéro pendant cette période. La prévoyance n'intervient alors qu'une fois le maintien de salaire épuisé, ce qui peut représenter plusieurs mois. C'est pourquoi un simulateur qui additionne simplement les deux sources de revenu est trompeur : il ignore le mécanisme de non-cumul, pourtant systématique dans les contrats collectifs.

Le Code du travail impose à l'employeur un maintien de salaire en cas d'arrêt maladie, sous réserve d'au moins un an d'ancienneté : 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant les 30 jours suivants (source : avf.fr, septembre 2026). Ces durées augmentent de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté, jusqu'à atteindre 90 jours pour chaque période après 30 ans d'ancienneté.

Les conventions collectives peuvent améliorer ce minimum légal. La SYNTEC, par exemple, garantit aux cadres 100 % du brut pendant 90 jours. Le simulateur gratuit d'avf.fr modélise précisément ce calendrier de maintien employeur, ancienneté comprise. Il constitue un préalable indispensable avant d'activer un second simulateur pour la part prévoyance : le maintien employeur est la première source d'indemnisation chronologique, et la prévoyance n'intervient qu'en relais.

Pour une analyse approfondie des coûts, notre article « combien coûte une prévoyance maintien de salaire » est une ressource utile.

Clause de non-cumul : comment elle ampute l'indemnité complémentaire

La clause de non-cumul figure systématiquement dans les conditions générales des contrats de prévoyance collective. Elle stipule que l'indemnité due par l'assureur est réduite des sommes déjà perçues par l'assuré au titre de son arrêt de travail (IJ Sécu, maintien employeur, autre contrat de prévoyance). L'objectif est d'éviter qu'un assuré ne perçoive plus que son salaire net d'activité.

Conséquence pratique : si le maintien légal et conventionnel couvre déjà 90 % du brut pendant 60 jours, et que le contrat de prévoyance garantit 80 % du brut, l'assureur ne verse rien pendant ces 60 jours : 90 % excédant déjà 80 %. La prévoyance ne prend le relais qu'au 61ᵉ jour, lorsque le maintien conventionnel tombe sous le seuil contractuel. Pour une analyse détaillée de ce mécanisme, consultez notre article sur la prévoyance et complément de salaire.

Pour une analyse détaillée de ce mécanisme, consultez notre article sur la prévoyance santé et le complément de salaire.

Interpréter les résultats de votre simulation : 3 points de vigilance

Un simulateur de prévoyance produit une estimation, pas un engagement. Cette distinction est fondamentale : le résultat affiché à l'écran peut différer sensiblement du montant que l'assureur versera le jour du sinistre. Trois points de vigilance permettent d'interpréter le résultat sans le sur-interpréter.

D'abord, les simulateurs en ligne reposent sur des données déclaratives : votre revenu, votre situation familiale : que vous renseignez vous-même. Une erreur de saisie, une confusion entre brut et net, ou l'omission d'un revenu variable fausse le résultat sans que l'outil ne l'alerte. Ensuite, les simulateurs n'intègrent ni les exclusions de garantie (sports à risque, maladies antérieures à la souscription) ni les délais de carence qui peuvent retarder la prise d'effet de certaines garanties. Enfin, les clauses de revalorisation des IJ (indexation sur un indice, revalorisation annuelle) sont rarement modélisées, ce qui peut minorer l'indemnité projetée sur un arrêt long.

Les simulations de prévoyance sont des outils de cadrage, utiles pour comparer des ordres de grandeur, mais inaptes à remplacer un devis contractuel établi par un assureur après analyse de votre dossier médical et de votre situation professionnelle.

Estimation vs garantie contractuelle : la nuance essentielle

Le résultat d'un simulateur n'engage que son algorithme. L'estimation est produite à partir de paramètres standards (taux moyen, franchise type) qui peuvent différer du contrat réel souscrit. La notice d'information, remise avec les conditions générales, est le seul document qui décrit précisément les garanties et leurs modalités de mise en œuvre. Avant de prendre une décision financière sur la foi d'une simulation, demandez un devis personnalisé et lisez la clause de non-cumul et la définition du revenu de référence.

Les exclusions et délais de carence non pris en compte

Les simulateurs ne modélisent pas les exclusions de garantie (pratique de sports dangereux, faute intentionnelle, guerre, émeute) ni les délais de carence (période pendant laquelle la garantie n'est pas encore acquise après la souscription, typiquement 3 à 12 mois pour l'invalidité). Un arrêt de travail survenant pendant ce délai ne déclenche aucun versement, ce que le simulateur ne signale pas.

Les affections antérieures à la souscription peuvent également être exclues si le questionnaire médical les a mentionnées et que l'assureur a émis une exclusion formelle. Là encore, le simulateur ne les intègre pas dans son calcul. Seule la lecture du contrat permet de les identifier.

Pour une approche plus générale de la protection, n'oubliez pas de consulter notre article sur la santé prévoyance.

Quand faire appel à un conseiller plutôt qu'à un simulateur ?

Un simulateur suffit pour une première projection, dans trois cas : vous comparez plusieurs offres sur des critères de taux et de franchise, vous évaluez votre besoin global de couverture, vous vérifiez l'écart entre vos IJ Sécu et votre revenu habituel.

Au-delà de ces usages, le recours à un conseiller en prévoyance (courtier, agent général, conseiller mutualiste) devient nécessaire. C'est le cas si vous êtes TNS avec des revenus irréguliers, si votre convention collective comporte des dispositions spécifiques complexes, ou si vous avez des antécédents médicaux susceptibles d'entraîner des exclusions. Le conseiller peut alors solliciter plusieurs assureurs, comparer les devis réels et négocier les clauses. Cette prestation est généralement gratuite pour le souscripteur, le conseiller étant rémunéré par commission sur les cotisations.

Tableau récapitulatif : simulateurs de prévoyance selon votre profil

Cette synthèse recense les outils disponibles en 2026 selon le statut et le type de garantie recherchée. Le comparateur ci-dessous permet de filtrer par statut et par garantie pour identifier rapidement l'outil adapté à votre situation.

Aucun de ces simulateurs ne délivre de garantie contractuelle. Leur usage recommandé est la projection d'ordre de grandeur, en complément de la lecture des conditions générales du contrat qui reste la source opposable.

Sources

Fiche pratique

IJ Sécurité sociale (plafond 2026)54,38 €/jour (50 % du salaire journalier de base, plafonné à 1,8 Smic)
Maintien légal employeur (art. L.1226-1 C. trav.)90 % du brut 30 jours → 66,66 % du brut 30 jours (majoré de 10 j. par 5 ans d'ancienneté, max 90 j.)
Taux de remplacement prévoyance (fourchette usuelle)50 % à 100 % du revenu de référence selon contrat (optimagestion.fr, juin 2025)
Franchise contractuelle type15 jours (variable selon contrat)
Plafond indemnité prévoyance (incapacité)100 % du salaire net (ne peut excéder le revenu net d'activité)
Simulateur gratuit salarié (maintien employeur)avf.fr
Simulateur gratuit grand public (besoin global)boursorama.com

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.

Questions fréquentes sur l'assurance

Comment puis-je simuler les indemnités de prévoyance ?

Pour simuler vos indemnités de prévoyance, rassemblez d'abord votre revenu de référence (net ou brut selon contrat), votre taux de remplacement et votre délai de franchise. Utilisez ensuite un simulateur adapté à votre statut : Boursorama pour une estimation du besoin global, le simulateur AVF pour la part employeur (salariés), ou l'outil de votre assureur (AG2R, MGEN) pour une projection contractuelle précise. Aucun simulateur ne produit une garantie ferme.

Comment sont calculées les indemnités de prévoyance ?

Les indemnités de prévoyance sont calculées à partir d'une base de revenu de référence (traitement brut, revenu net fiscal ou forfait), multipliée par un taux de remplacement défini au contrat (souvent entre 50 % et 100 % selon optimagestion.fr, juin 2025), après déduction des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Un délai de franchise : par exemple 15 jours : s'applique avant le déclenchement du versement.

Comment connaître le montant de la prévoyance ?

Le montant exact figure dans les conditions générales de votre contrat de prévoyance, à la rubrique « garanties incapacité/invalidité ». Vous pouvez aussi utiliser le simulateur en ligne de votre organisme assureur (AG2R La Mondiale, MGEN, etc.) ou consulter votre bulletin d'adhésion qui détaille les taux de remplacement et plafonds applicables. À défaut, contactez le service gestionnaire de votre contrat par téléphone.

Combien la prévoyance paie-t-elle en cas d'arrêt maladie ?

En cas d'arrêt maladie, la prévoyance complémentaire verse une indemnité journalière qui complète les IJ de la Sécurité sociale (50 % du salaire journalier de base dans la limite de 1,8 Smic). Avec un contrat offrant un taux de remplacement de 70 %, un salarié à 3 000 € nets mensuels perçoit environ 2 100 € au total, IJ Sécu comprises, après épuisement du délai de franchise contractuel (source : optimagestion.fr, juin 2025).

Le maintien de salaire employeur et la prévoyance se cumulent-ils ?

Non. L'employeur verse un maintien de salaire légal (90 % du brut pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours selon le Code du travail) tandis que la prévoyance complémentaire verse une indemnité calculée en pourcentage du revenu de référence. Une clause de non-cumul dans le contrat peut réduire l'indemnité prévoyance du montant déjà perçu au titre du maintien employeur, voire l'annuler totalement.

Comment sont calculées les indemnités de prévoyance pour un cadre ?

Au-delà de 30 jours d'arrêt, un salarié cadre peut voir son maintien de salaire conventionnel prendre le relais du maintien légal à 100 % du brut (selon la convention collective applicable). La Sécurité sociale continue de verser ses IJ (plafonnées à 54,38 € par jour en 2026). L'indemnité prévoyance intervient en complément, dans la limite du taux de remplacement contractuel et sous réserve des clauses de non-cumul.