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Questionnaire santé assurance prêt immobilier obligatoire

Quand est-il obligatoire de remplir un questionnaire de santé pour une assurance prêt immobilier ? Seuils loi Lemoine, exceptions et droits en 2026.

Par Antoine Chevalier 8 min de lecture
Questionnaire santé assurance prêt immobilier obligatoire

Le questionnaire de santé pour une assurance prêt immobilier est-il toujours obligatoire ? Depuis le 1er juin 2022, tout dépend de deux paramètres : le montant assuré et votre âge à la dernière échéance. En dessous de certains seuils, l'assureur n'a plus le droit de vous poser la moindre question médicale. Au-delà, le questionnaire médical reste exigible et conditionne l'accès aux garanties décès, invalidité et incapacité. Ce guide fait le point sur les règles en vigueur, les cas d'exonération, les droits des emprunteurs à risque aggravé et les conséquences d'une fausse déclaration.

Loi Lemoine : les seuils d'exonération du questionnaire de santé

La loi Lemoine du 28 février 2022, applicable aux nouveaux contrats dès le 1er juin 2022, a supprimé totalement le questionnaire médical sous deux conditions cumulatives, selon economie.gouv.fr :

  • Part assurée ≤ 200 000 € par personne : à deux emprunteurs couverts chacun à 50 %, cela correspond à un prêt total de 400 000 €.
  • Fin du prêt avant les 60 ans de l'emprunteur : la dernière échéance doit tomber avant le 60e anniversaire.

Les deux conditions doivent être réunies ensemble. Dans ce cas, l'assureur ne peut légalement poser aucune question sur votre état de santé, vos antécédents ou vos traitements en cours : que vous passiez par le contrat groupe de la banque ou par un assureur alternatif.

Un exemple concret : un couple de 35 ans emprunte 350 000 € avec une quotité 50/50 %. Chaque part assurée s'élève à 175 000 €, sous le seuil. Exonération totale. Mais si l'un des deux passe à 60 % de quotité, sa part grimpe à 210 000 € et le questionnaire redevient obligatoire pour lui seul.

Pour les emprunteurs habituellement considérés à risque, c'est un changement concret : une couverture sans révélation de l'état de santé devient accessible, du moment que les seuils légaux sont respectés.

Pour les emprunteurs de la Caisse d'Epargne, il peut être utile de consulter un exemple questionnaire santé prêt immobilier Caisse d'Epargne afin d'anticiper les informations demandées selon votre profil.

Questionnaire santé assurance emprunteur obligatoire : quand l'assureur peut-il l'exiger ?

Dès qu'une des deux conditions n'est pas satisfaite, le questionnaire de santé assurance emprunteur redevient obligatoire. L'assureur peut alors demander un état de santé détaillé, voire des examens complémentaires selon le profil.

Les situations qui déclenchent l'obligation :

  • Part assurée > 200 000 € par tête : même pour un seul emprunteur, si le capital assuré dépasse ce montant.
  • Prêt se terminant après 60 ans : un emprunteur de 45 ans sur 20 ans finira à 65 ans. Le questionnaire s'impose.
  • Cumul de prêts : si un emprunteur a déjà un prêt assuré en cours, le total des encours est pris en compte pour vérifier le dépassement du seuil.

Le contenu du questionnaire est encadré par l'arrêté du 29 avril 2015 (legifrance.gouv.fr). Les questions doivent être précises, sans ambiguïté, et limitées aux informations nécessaires à l'évaluation du risque. Les résultats de tests génétiques prédictifs ne peuvent pas être demandés.

Selon le profil, l'assureur peut exiger des analyses biologiques, un électrocardiogramme ou un rapport du médecin-conseil. Ces examens sont à sa charge. Les grilles tarifaires varient sensiblement selon les pathologies déclarées : consulter un courtier en assurance emprunteur permet de comparer les pratiques entre compagnies.

Ce que contient concrètement un questionnaire médical pour prêt immobilier

Un questionnaire de santé standard pour une assurance emprunteur comprend plusieurs rubriques distinctes. Pour un exemple de questionnaire santé de prêt immobilier en PDF détaillé, vous pouvez consulter notre guide dédié.

Les sections classiquement demandées :

  • Données personnelles : taille, poids, tabagisme, consommation d'alcool.
  • Antécédents médicaux : maladies chroniques (diabète, hypertension, cancer), hospitalisations, chirurgies dans les 5 à 10 dernières années.
  • Traitements en cours : médicaments pris de façon régulière, suivi spécialisé.
  • Arrêts de travail : durée et motif des arrêts supérieurs à 10 ou 15 jours consécutifs.
  • Invalidité reconnue : taux d'incapacité, pension d'invalidité en cours.

Chaque réponse engage la responsabilité de l'assuré. Une déclaration sincère et exhaustive n'est pas une formalité : l'assureur s'en sert pour calculer la prime, appliquer des exclusions ou des surprimes, voire refuser la garantie.

Une fois le questionnaire rempli et signé, l'assureur dispose généralement de 10 jours ouvrés pour formuler sa proposition ou son refus. En cas de doute sur la formulation d'une réponse, se faire accompagner par un professionnel de santé ou un courtier spécialisé reste la meilleure option.

Les adhérents à une banque mutualiste peuvent également s'appuyer sur un exemple de questionnaire santé de prêt immobilier en PDF CASDEN pour mieux comprendre le niveau de détail attendu par leur établissement.

Fausse déclaration : risques et conséquences juridiques

La déclaration inexacte dans un questionnaire de santé est encadrée par les articles L.113-2 et L.113-8 du Code des assurances. Les conséquences divergent selon que l'erreur est intentionnelle ou non.

En cas de fausse déclaration intentionnelle :

  • Le contrat est nul de plein droit.
  • Les primes déjà versées restent acquises à l'assureur.
  • Tout refus d'indemnisation est possible, y compris pour des sinistres sans lien avec la pathologie dissimulée.
  • L'emprunteur et ses ayants droit n'ont aucun recours.

En cas de déclaration inexacte non intentionnelle :

  • L'indemnisation peut être réduite proportionnellement à la prime qui aurait dû être appliquée.
  • Si l'omission est découverte avant sinistre, le contrat peut être résilié ou modifié.

La jurisprudence distingue nettement les deux cas. La bonne foi de l'assuré pèse lourd. Mais un questionnaire trop vague peut aussi être retourné contre l'assureur s'il cherche à contester une déclaration. Depuis la loi Lemoine, le droit à l'oubli a été étendu : les anciens malades d'un cancer ou d'une hépatite C dont le protocole thérapeutique est terminé depuis plus de 5 ans (sans rechute) n'ont plus l'obligation de le mentionner dans le questionnaire (service-public.fr).

Convention AERAS : les droits des emprunteurs à risque aggravé de santé

Quand le questionnaire révèle un risque aggravé de santé, la convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) joue le rôle de filet de protection. Elle s'active automatiquement dès lors qu'un emprunteur ne peut pas obtenir d'assurance aux conditions standard.

La convention prévoit un examen en 3 niveaux successifs :

  1. Niveau 1 : examen selon les conditions habituelles du contrat groupe.
  2. Niveau 2 : examen par les services médicaux spécialisés de l'assureur.
  3. Niveau 3 : examen par un pool de réassureurs, avec prise en charge partielle des surprimes pour les revenus modestes.

Le droit à l'oubli, instauré par la convention AERAS et renforcé par la loi Lemoine, permet aux personnes ayant eu un cancer ou une hépatite virale C de ne pas le déclarer passé un certain délai après la fin du traitement (economie.gouv.fr).

La convention ne garantit pas l'obtention d'une assurance. Elle oblige en revanche les assureurs à instruire sérieusement chaque dossier et à motiver tout refus. Son champ d'application couvre les prêts immobiliers, les crédits professionnels et les crédits à la consommation supérieurs à 17 000 €.

À noter que la convention AERAS s'articule avec d'autres droits liés à la santé : si vous êtes par ailleurs couvert par une complémentaire santé, sachez qu'il est possible de faire évoluer votre contrat, comme l'explique notre guide sur la résiliation d'une mutuelle santé.

Cas pratiques : tableau récapitulatif selon votre situation

Pour savoir rapidement si vous devez remplir un questionnaire de santé, voici un tableau synthétique basé sur les règles issues de la loi Lemoine (en vigueur depuis juin 2022) :

SituationQuestionnaire exigé ?
Prêt de 300 000 € assuré à 100 %, fin avant 60 ansOui (part = 300 000 €)
Prêt de 400 000 € assuré à 50/50 %, fin avant 60 ansNon (part = 200 000 € par tête)
Prêt de 150 000 €, fin à 62 ansOui (dépassement de l'âge limite)
Prêt de 180 000 € assuré à 100 %, fin à 58 ansNon (seuil et âge respectés)
Prêt de 220 000 € assuré à 100 %, fin à 55 ansOui (dépassement du seuil de 200 000 €)

Ces exemples s'appuient sur les données publiées par economie.gouv.fr et confirmées par Boursorama (2023).

En co-assurance, chaque co-emprunteur est évalué individuellement. Si l'un dépasse 200 000 € de part assurée, il remplit un questionnaire. L'autre non : si sa part reste en dessous. Cette asymétrie est peu connue, mais elle peut peser dans la négociation de la quotité d'assurance.

Points clés

  • Depuis le 1er juin 2022 (loi Lemoine), aucun questionnaire de santé n'est exigible si la part assurée par personne est ≤ 200 000 € et si le prêt se termine avant les 60 ans de l'emprunteur.
  • Au-delà de 200 000 € de capital assuré par tête ou si le prêt dépasse 60 ans, l'assureur peut imposer un questionnaire médical complet, voire des examens complémentaires.
  • Une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat : l'assureur peut refuser toute indemnisation et conserver les primes versées.
  • La convention AERAS protège les emprunteurs présentant un risque aggravé de santé et instaure un droit à l'oubli pour les anciens malades du cancer ou de l'hépatite C.
  • Le questionnaire de santé est soumis à un cadre strict : les questions doivent être précises et limiter la collecte aux informations strictement nécessaires à l'évaluation du risque.

Sources

Fiche pratique

Seuil d'exonération du questionnaire (loi Lemoine)≤ 200 000 € de part assurée par tête
Âge limite en fin de prêt pour l'exonération60 ans
Date d'entrée en vigueur1er juin 2022 (nouveaux contrats)
Droit à l'oubli (cancer / hépatite C)5 ans après la fin du protocole thérapeutique sans rechute
Seuil AERAS (crédits à la consommation)≥ 17 000 €
Texte de référenceLoi Lemoine n°2022-270 du 28 février 2022
Arrêté encadrant le questionnaireArrêté du 29 avril 2015 (Legifrance)
Recours en cas de litigeMédiateur de l'assurance / Convention AERAS
Tests génétiquesInterdits dans le questionnaire de santé
Source officielleeconomie.gouv.fr

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.

Questions fréquentes sur l'assurance

Quand est-ce que le questionnaire médical est obligatoire pour l'assurance emprunteur ?

Le questionnaire médical est obligatoire dès que la part assurée par personne dépasse 200 000 € ou que le prêt se termine après les 60 ans de l'emprunteur. Quand ces deux seuils sont respectés simultanément, la loi Lemoine (en vigueur depuis le 1er juin 2022) interdit à l'assureur de demander toute information sur l'état de santé.

Est-ce que les assurances ont le droit de demander un certificat médical ?

Oui, si vous dépassez les seuils d'exonération de la loi Lemoine. L'assureur peut alors exiger un questionnaire de santé, des analyses biologiques ou un rapport médical. Il ne peut pas en revanche demander les résultats de tests génétiques prédictifs, et les questions posées doivent rester précises, non ambiguës et limitées à l'évaluation du risque, conformément à l'arrêté du 29 avril 2015.

Quelles sont les 3 nouveautés mises en œuvre par la loi Lemoine ?

La loi Lemoine du 28 février 2022 a introduit trois changements : (1) la suppression du questionnaire de santé pour les prêts dont la part assurée est ≤ 200 000 € par tête et se terminant avant 60 ans ; (2) le droit de résiliation à tout moment et sans frais de l'assurance emprunteur ; (3) le renforcement du droit à l'oubli, ramené à 5 ans après la fin du traitement pour les anciens malades du cancer ou de l'hépatite C.

Que se passe-t-il si je fais une fausse déclaration dans le questionnaire santé de mon prêt immobilier ?

Une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat d'assurance. L'assureur peut refuser toute indemnisation, y compris pour des sinistres sans lien avec la pathologie dissimulée, et conserver les primes versées. En cas d'omission non intentionnelle, l'indemnisation peut être réduite proportionnellement à la prime qui aurait dû être appliquée.

La convention AERAS peut-elle aider si mon questionnaire de santé révèle un risque aggravé ?

Oui. La convention AERAS impose aux assureurs d'examiner tout dossier de risque aggravé selon trois niveaux successifs, jusqu'au recours à un pool de réassureurs. Elle prévoit aussi une prise en charge partielle des surprimes pour les emprunteurs à revenus modestes. Le droit à l'oubli associé permet aux anciens malades du cancer ou de l'hépatite C de ne plus déclarer ces antécédents passé 5 ans après la fin du traitement.